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Seul
et tranquille au milieu des foudres
sur la force des crêtes,
il écoute et voit
le silence informe du vent
Ce Grand Porteur de nouvelles
par-delà les horizons sensibles,
dodeurs docéans,
passe les lignes de terre
et les enfantements côtiers
Invisible
il touche
immatériel pourtant
il frôle
dérange et brise
nul ne le voit
Seules visibles les spirales
entre falaises bleues
de loiseau ivre, fou
de sagesse ascendante
au grand milieu des tourbillons
Sculpteur de neige
et affûteur de glace:
il inspire le chemin des transgressions de lêtre
Hêtres chantants
aux flancs des roches,
harpes brutes doutre-monde
remontées du fond des gorges
(avec le bruissement lointain dun torrent et
deux ou trois pierres sous les sabots dun chamois)
Pierre qui roule
jusquà la rivière,
tombe:
écume, cercles,
éclats de lumière
Franges soufflées sur la crête des vagues,
signes de présence
et vigueur de labsence:
la main jamais ne le cueille
lui que rien ne retient
Venu des directions cardinales
il enlève lesprit,
le soulève,
cette joie de buveur de vent!
(À grandes goulées
livresse parle aux feuillages du ciel)
Ah! ce plaisir du chemineau
qui a su faire amitié avec le souffle,
malheur de celui
qui marche contre lui!
Vent est le frère
des solitaires partis aux grands territoires
après le repos dun foyer;
il les voit traverser les places,
senfoncer dans la rumeur des rues
jusquà lécoute du roulis des galets
dans le passage des gués
Il souffle à leur oreille le secret silencieux des sources,
à ceux-ci qui appellent les arbres,
portent la forêt dans un regard
autour des rassemblements humains,
tous penseurs de rivières
dans le déchiffrement du monde
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