Le Journal de Tautra
(extrait du recueil de nouvelles «Le point analogue»)

Jean-Paul Loubes

   


Il y a quarante-trois habitants sur l’île de Tautra, dont sept religieuses cisterciennes et le père Michaël. Ils disent qu’ici, il ne se passe jamais rien.

Outre les champs de pommes de terre qui entourent la ferme d’Olav et Guri et le stockage sous forme de gigantesques pyramides dans leur hangar, ce sont les clous de section carrée qui m’ont d’abord surpris en arrivant en Norvège. Kjell Havard Braten n’était pas tout a fait venu à bout des finitions de sa cabane. Ses outils étaient encore rangés dans la cuisine, rassemblés sous une tablette pour gagner un peu de place ou sous un lit dans la chambre.

En fait de cabane - il disait cabin -, c’était une confortable maisonnette en bois en bordure de la côte ouest de l'île, en haut d’une prairie qui descendait doucement vers un rivage de galets. A partir de là, le fjord développait son immensité, sa profondeur. Il disparaissait vers le Nord dans les lointains, derrière des presqu’îles au delà desquelles je savais qu’il s’enfonçait encore.

Kjell Havard aussi disait qu’il ne se passait jamais rien ici. C’était exactement ce qu’il me fallait.

Dans la paroi ouest de la pièce principale, Kjell Havard venait d’aménager une grande baie qui encadrait le paysage du fjord. Cette baie fut l’événement principal, le centre du séjour dans ces lieux. Par elle je pouvais entendre les battements du monde comme s’ils cognaient dans ma poitrine. Par elle je pouvais presque éprouver la densité des galets de granit qui roulaient un peu plus bas. Je pouvais me sentir plongé dans la masse liquide noire des profondeurs du fjord. J’entendais l’air bruisser au bout de mes ailes quand je devenais goéland.

En premier plan, en bas à droite dans le cadre, je voyais une modeste cabane, implantée sur le rivage même. Ses murs de planches étaient peints en rouge et des herbes que le vent décoiffait recouvraient son toit.

A sa vue, une première question se forma dans mon esprit: est-il préférable d’être ainsi immédiatement sur le rivage, pour ainsi dire les pieds dans l’eau, ou plus loin mais davantage en hauteur et de ce fait, avec une meilleure vue sur le fjord?

Cette petite cabane rouge, implantée sur la ligne même où finit la prairie et où commencent les galets demeura inoccupée durant mon séjour. Son propriétaire avait laissé allumé l’éclairage extérieur. Comme partout en Norvège, où l’électricité est quasi gratuite et où, nuit et jour, les perrons des maisons restent éclairés. Il y avait un sorbier plein de fruits rouges devant l’entrée. La nuit, lorsque de mon observatoire je contemplais le fjord, le halo de l’éclairage nocturne dans l’arbre inscrivait une peinture de Paul Delvaux dans la grande baie de ma cabane. A d’autres moments, c’étaient des tableaux de Fagniez que la lumière changeante accrochait dans ce cadre.

Un ou deux cargo traversaient chaque jour ce tableau, se dirigeant vers le port de Levanger, au fond extrême du fjord. Parfois c’était un voilier avec une coque de bois vernis.

Dans un plan plus lointain je voyais une presqu’île, le retour d’une petite anse surmontée d’un phare. Ce phare provoqua la seconde question importante: à quelle heure, le soir, la lanterne du phare s’allumait elle? La réponse était rendue difficile car un dispositif occultait le pinceau lumineux du coté de la terre d’où je l’observais.

C’était certainement pour ne pas perturber par un balayage incessant, régulier et aveuglant, la vue vers la mer des maisons riveraines. Je trouvais cette précaution d’une courtoisie extrême. Qu’un ingénieur de l’administration des phares et balises ait pensé à cette double vision, depuis la mer mais aussi depuis la terre, compte pour beaucoup dans l’admiration et le respect que je porte au peuple norvégien.

Le premier soir, les goélands se sont concentrés sur cette pointe rocheuse. Je m’aperçus par la suite que ce n’était qu’accidentel. Les cormorans ou les hérons gris pouvaient tout aussi bien choisir d’occuper ce lieu pour une nuit. Au delà de la pointe des goélands l’extrémité du fjord de Trondheim s’étendait comme un immense lac.

Ces observations je pouvais les faire grâce à l’incroyable qualité des jumelles que Bratten avait laissées sur la tablette qui forme appui de baie. Les goélands se regroupaient certain soir sur les bancs de harengs et se disputaient âprement des pêches exceptionnelles. Après leur plongée, à chaque remontées, je voyais dans leur bec briller des éclairs d’argent.

Avant de repartir, Bratten avait monté une ligne de gros crin, avec des hameçons énormes, pour que nous puissions pêcher. Mes connaissances en pêche à la ligne évoquent davantage des crins très fins, des hameçons minuscules, tout un appareillage d’une finesse et d’une discrétion extrême où l’habileté consistait à dissimuler le crochet de métal en enfilant le ver, ou la mouche. Rien de tel ici: gros crin, hameçons-tridents apparents, leurres voyants et bariolés.

Kjell Havard avait un bateau sur le rivage. Il avait cependant suggéré d’utiliser celui d’Olav, plus léger, plus facile à tirer dans la mer et à remonter sur les galets après la pêche. Il avait omis une recommandation d’importance qui l’obligea à faire demi tour après son départ pour me prévenir: ne pas oublier, avant de mettre le bateau à l’eau de replacer le bouchon de liège dans l’orifice percé dans la coque, sous la banquette à l’arrière! J’étais passé près du naufrage. Ma pêche aurait été non seulement infructueuse mais j’aurais dû rentrer à la nage.

Car elle fut infructueuse.

Je me suis dirigé vers le lieu de pêche des goélands, ce, qui était un bon réflexe, mais sans succès, ne sachant s’il fallait rester immobile ou déplacer le bateau lorsqu’on avait jeté la ligne. Il y avait beaucoup de fond, les hameçons étaient énormes, rien de commun avec les pêches de mon enfance. Tout à apprendre. Je décidais pourtant de ne pas tout réinventer et de demander conseils à quelqu’un qui savait, Olav ou le père Michaël. Olav restait discret et souriant quand je me risquais à le questionner. Je compris qu’il y avait des secrets qu’on ne révélerait pas à l’étranger que j’étais. Je n’insistais pas.

Le second soir la pointe aux goélands était devenue la pointe aux cormorans. Les oiseaux noirs regagnaient ce gîte en rasant les flots, après le coucher du soleil. Leur vol était lourd, leurs ailes touchant presque la surface de l’eau, la surface calme et sans aspérités, le tambour tendu de la mer. Ils semblaient vouloir voler à altitude constante au ras de l’eau, refusant de s’élever pour franchir une presqu’île ou une langue de terre, préférant la contourner sans prendre d’altitude. Cette intelligence dans l’économie d’énergie -car c’est la prise d’altitude qui mobilise de l’énergie- me rappelait la marche en montagne. S’efforcer de suivre au plus près les courbes de niveau, allonger un peu le parcours si nécessaire pour cela, mais ne pas perdre d’altitude.

Avec les jumelles de Braten, je continuais l’observation des plongées d’un cormoran qui pêchait en solitaire dans le fjord. Je comptais les secondes et notais que l’oiseau reste environ une minute sous l’eau avant de refaire surface. Il émerge ensuite à une cinquantaine de mètres de distance du point de plongée.

Le soir de l’arrivée sur l’île, j’ai laissé entrouverte la petite fenêtre horizontale de la cuisine. Au retour de la pêche infructueuse, quelqu’un avait glissé le bras par l’entrebâillement du châssis et déposé sur le plan de travail une petite barquette de framboises et un pot de confiture de cerises. J’ai apprécié ce signe anonyme de bienvenue. Le matin, trois nonnes prenaient leur café, assises au bord de l’eau sur les galets. Le doute n’était pas très grand quant à l’identité des pourvoyeurs de fruits rouges. Les nonnes occupent de petites maisons en bois regroupées en hameau sur la parcelle voisine de la cabane. Elles ont le projet de construire un monastère sur un terrain plus au Sud. Quant au père Michaël, il habite chez Olav et Guri qui lui louent plusieurs pièces dans leur ancienne ferme.

Cinq fois par jour, un carillon appelle les sœurs à la prière. Je vois le père Michaël arriver en voiture au premier son de cloche et repartir une demi-heure plus tard. Il est à leur service. Il a dit à Braten: «vous avez de la chance de n’avoir qu’une seule femme, moi j’en ai sept».

Autour de la cabane j’entasse des cailloux, fruits de diverses récoltes sur les rivages de la partie sud de Me. Je ramasse aussi des bois flottés espérant que les derniers jours, de l’assemblage de quelques bois polis naîtra une petite sculpture que je laisserai à Braten en signe d’amitié.

Accolé à l’une des maisonnettes des sœurs, un petit clocher. Léger, aérien, c’est un pylône en bois surmonté d’un clocheton, comme on en voit dans les westerns. Je suis sorti ce matin au premier carillon. Je voulais prendre les vibrations des cloches face au vent. Et jouir du spectacle d’une sœur dans sa robe, tirant sur la corde par d’amples et gracieux mouvements. Eues m’ont accordé ce plaisir plusieurs matins de suite. Pour cet exercice périlleux et d’importance, la nonne préposée revêt la tenue, de l’ordre. La plupart du temps les sœurs sont en pantalons et pull-over pour aller de leurs voitures à leurs habitations ou pour partir en minibus, faire des courses à Frosta.

Pour certaines prières, je les vois se rassembler en tenue de nonne, aube blanche, cordon à la ceinture et chapelet. Je mesure mal la part de folklore, de jeux, qu’il peut y avoir dans ces rituels vestimentaires. On ne peut appeler «couvent»le petit hameau fleuri qui les héberge. Leur vie est certes contemplative, comme l’est la mienne durant ce séjour, mais ressemble plus à une villégiature champêtre comme en rêvent beaucoup de retraités, qu’a une condition véritablement monastique.

Ce soir, je suis allé m’asseoir face au fjord. Regarder le jour décliner, la surface de l’eau devenir d’abord argentée et scintillante avant de prendre une couleur d’encre. Il y a eu ensuite des traînées dorées car les nuages ont renvoyé vers la surface de la mer la lumière du soleil couchant. Un cargo blanc arrivait par le sud. Il remontait vers Levanger, sans doute pour approvisionner quelque usine.

La nuit, il y avait un autre passage de navire. Vers une heure du matin, un léger bruit me réveillait, comme un, souffle continu, avec parfois quelques battements sourds, calme rumeur d’un moteur. Quand le bruit cessait brusquement, je savais que le navire venait de passer la pointe aux goélands.

Je le regardais disparaître derrière la presqu’île quand une nonne est descendu s’asseoir près du rivage. Elles avaient calé là deux vieux sièges de voitures et venaient s’y recueillir. Je l’imaginais en prière. Je la savais sensible au même paysage que moi, aux mêmes lumière. Elle aussi suivait la lente progression du cargo. Elle aussi tentait d’accorder sa respiration avec celle du fjord. Je savais cependant que cette méditation devant le monde passait par Dieu. Ce que je considérais comme un détours, un allongement du chemin vers la perception des souffles du cosmos. Que voyait-elle que je ne voyais pas? Que ressentait-elle que je ne ressentais pas? Mon séjour ici n’a de sens que par la recherche d’une communication directe avec le monde du fjord. La cabane en est la modalité, peut-être la méthode. Je pensais à tout ce que j’avais écrit dans mes carnets sur la cabane, sur la question de la cabane, cet édifice particulier, perméable au monde, fenêtre sur le monde, figure géopoétique de l’architecture. On croit habiter une cabane, en réalité par sa porosité, par ses transparences, sa perméabilité, parfois sa fragilité, la cabane vous fait habiter le monde.

Une cabane sur l’île de Tautra. Ermitage devant le fjord, divan du monde ou pavillon de thé, légèrement surélevé pour embrasser le jardin de Ryoan-ji? L’eau, tantôt bleue, tantôt gris métallique, était comme le sable du jardin zen. L’amerrissage d’un couple de cormorans y inscrivait des sillons parallèles, des calligraphies à l’encre noire, que l’eau lentement effaçait.

Le second jour j’ai entrepris le parcours du littoral Nord de l’île. Le paysage était tout différent de celui de la partie Sud. De grandes tables de schistes lisses glissaient en plans inclinés sous la mer. Des dalles de marbre laissaient voir des nervures, des écritures que je photographiais. Je cherchais par le cadrage et la bonne distance de prise de vue à abolir toute référence du motif à une échelle connue, ou à un paysage identifiable. Je cherchais des pages d’écritures dans la géologie, des calligraphies sans références paysagères, des signes. Des lichens de couleurs diverses rehaussaient de couleur les graphismes. Des entailles, des éraflures du temps, des rides, des veines colorées disaient l’histoire de ces roches. Ces fissures me servaient à structurer de petits tableaux qui se formaient dans ma tête. Au delà de l’émerveillement devant ces pages d’écritures, j’étais incapable d’en décoder le sens en détail. Non que j’y cherche un sens caché, mystérieux. Les clés, le secret, c’étaient la géologie et l’histoire de la terre. L’histoire du lieu. J’attribuais au travail des glaciers, les grandes rigoles rectilignes, de sections constantes qui descendaient vers la mer. Je pensais à mon vieux professeur et ami Michel Mouline, à l’histoire qu’il aurait su lire sur ces grandes tables inclinées qui remontaient des profondeurs du fjord. Car il y avait aussi toutes ces pages immergées que le cormoran survolait dans ses mystérieuses plongées et qui demeureraient inviolées.

Un Dimanche matin, cinq motards ont emprunté la digue qui relie l’île au continent. Le vacarme de leurs engins était le premier bruit qui depuis trois jours troublait les sons habituels de l’île. Une expression sert habituellement à rendre compte de cela. On dit «déchirer le silence». C’était exactement cela.

Les sons de l’île, outre la cloche des nonnes, c’étaient le jacassement des pies dans le cerisier, le piaillement d’un vol d’étourneau qui s’abattait sur un sorbier, quelques cris de canard ou de goélands, la voix rauque des hérons lorsqu’ils prenaient leur envol. Parfois le son du moteur d’un tracteur qui ramenait un chargement de pommes de terre. Le soir, des vols d’innombrables oies bernaches tournoyaient cinq ou six fois au dessus d’un champ de maïs récemment moissonné. Elles semblaient étudier la direction des vents avant de décider de se poser. Pendant de longues minutes, leurs cris se fondaient en une rumeur grave, monotone et continue, comme le bruit du vent dans les cimes des arbres des grandes forêts. Puis elles se taisaient.

La rareté des bruits avait un effet sur les humains. Olav et Guri parlaient très bas et très lentement. On aurait dit que l’île les avait habitués au silence. Olav n’utilisait que les mots nécessaires lorsque j’allais chercher quelques pommes de terre dans l’une des caisses carrées, d’environ un mètre de côté, entreposées dans son hangar. Il vendait les pommes de terre au mètre cube et ne nous les faisait pas payer.

Depuis trois jours, nous mangions des champignons, des framboises cueillies en même temps, des bigorneaux énormes ramassés à marée basse sur la côte Est et les pommes de terre d’Olav. Je n’avais pas renouvelé les tentatives de pêche. Quand j’avais questionné l’une des nonnes, sa réponse s’était limitée à quelques considérations sur les marées qui ne pouvaient m’aider réellement. Je décidais d’abandonner définitivement l’idée d’aller pêcher.

Dans la cabane il y avait des vélos. Olav avait dit «vous pourrez aller à Frosta, ici il ne se passe rien».

J’avais lu sur un guide qu’il y avait des gravures rupestres sur le continent, non loin d’ici au village de Frosta. La reproduction en carte postale trouvée dans une boutique m’avait donné envie d’aller voir ces pétroglyphes. Je suis ignorant en la matière. Je ne sais rien des gravures rupestre de Scandinavie, si ce n’est que cette région de la Norvège en est particulièrement riche. A Alta, à huit cent kilomètres au Nord du cercle arctique, les plus anciennes ont été gravées il y a au moins six mille ans. A Tanum, en Suède et non loin d’Oslo, les premières ont trois mille deux cent ans et les hommes ont continué à graver durant mille ans! Elles remontent à l’âge du bronze, près de deux millénaires avant la civilisation des Vikings. Ces derniers ont dû les contempler avec le même étonnement que moi, à moins tout simplement qu’ils n’aient été en présence de l’expression familière de récits d’ancêtres lointains qu’ils savaient encore déchiffrer? Ce ne peuvent être là que vagues impressions, car le temps qui sépare ces gravures de la période viking est plus long que celui qui s’est écoulé entre les vikings et moi!

Je n’ai pas de connaissance vraiment sérieuse des cultures de l’âge du bronze. La découverte des gravures de Frosta me donne envie d’apprendre leur histoire. Il ne s’agit pas de lever quelques mystères, d’attendre des livres quelques révélations. Je voudrais seulement savoir replacer ces dessins dans l’invention de la culture, par quelques points d’appuis un peu plus solides. Pour l’heure, et à mes yeux, ces gravures oscillent entre le dessin et récriture. Le dessin parce qu’il y a des représentations de rennes, d’élans, de poissons, de bateaux, des arcs et de flèches, peut-être des échelles et d’autres objets. L’écriture, car la juxtaposition des figures a probablement un sens. Elle dit quelque chose à quelqu’un. Elle raconte une histoire. Mais à qui s’adresse-t-elle? Aux autres hommes du temps? A moins que ce ne soit à leurs dieux, ou à leur Dieu? Invocations chamaniques pour demander, remercier, célébrer l’esprit des animaux pour une chasse fructueuse? Ou plus simplement récit d’exploits pour en transmettre quelques épisodes? Meure bout à bout, sur une même surface des signes - des dessins par exemple - pour signifier quelque chose, n’est-ce pas déjà écrire?

Il y a donc là un message. Je comprend l’émotion et la passion des chercheurs d’approcher ainsi le sens d’une pensée qui s’est exprimée il y a 3000 ans. Ce travail des archéologues n’est rien d’autre qu’un essai de communication avec un autre homme au delà du temps, sur plusieurs millénaires. La vision de ces gravures est émouvante. A Lascaux, les peintures sont profondément enfouies dans l’obscurité d’une grotte. Elles n’étaient pas destinées à être vues. Ici les gravures sont au grand jour, sur de grandes pierres à la surface arrondie, dômes géants et aplatis émergeant du sol.

La maison voisine du site des roches gravées abrite un jardin d’enfant. Sur une terrasse en lattis de bois sont posées quelques tables peintes de couleurs vives. Les enfants prennent ici le soleil dans l’odeur des pins. Un escalier de quelques marches conduit au sous bois d’ou les roches lisses émergent. La clairière des pétroglyphes est leur cour de récréation. Les gamins ont repassé à la craie les tracés gravés dans la pierre. Le jeu de marelle qu’ils ont tracé sur la roche voisine avec un élan. Entre «le ciel» de la marelle et les bois de l’animal, dix centimètres à peine.

Soit environ trois mille ans.

C’est vrai qu’il ne se passait rien sur l’île de Tautra.

 
 
 Ecrire à l'auteur