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Au hasard dun piquet
Un rapace
Jaime rencontrer ces buses
Qui jalonnent lespace
Face à face
Détour de brume
Pas le temps davoir peur
Et lon se voit
Le temps dun regard
***
Les jets deau
enluminent
les baisers du soleil
La terre est feuille
avant dêtre racine
La chute
Puis
la naissance
***
Le soleil
pointe le sein
contre le volet fermé
La nuit pleine
des grâces de lenvol
memplit
en corps
Parfum de châtaignes
tombées sur lhumus
La bogue fendue
laisse voir le fruit
***
Racine silicée
de larbre échoué
Fruits dos ou de nacre
battus par loubli
Le bois élève la dune
Aujourdhui là
Initiale changeante
dun dos qui aime
à prendre le soleil
***
Marelle diceberg
Je passe de la terre
au ciel
scrutant lécume des oiseaux
Redescendre
sur le sable
Après la glace
lumineuse sous ton pas
Garder en soi
ces craquements complices
Douces lézardes
***
Le cou vers louest
Idéogrammes sur le ciel
les oies du printemps
Le vol des bernaches
joue la démesure
boussole dazur
***
Canyons gonflés
de genêts lumineux
Chandelles dasphodèles
aux flammèches rosées
Torches de mimosas
le chardonneret
soudain disparaît
éclaboussé par les fleurs
***
Dun coup daile
amant pressé
le vanneau
ensemence sa femelle
sous la tonnelle
amant discret
du forsythia
Silhouette claire
presque faucon
elle plane près du sol
lance traquant
les pas la fuite
le repas
Étreinte avec le vent
lente lancinante
La pointe des ailes
trempée dans lencre
trace des graphes sympathiques
Sans doute parfumée
le busard laisse
sa carte
de visiteur dété
***
Je choisis lombre
Mais pas une ombre qui te suive
Une ombre ronde
Une ombre dolive juteuse
de dattes entre deux traversées
une ombre de grues qui ondoient sur le ciel
de fontaine en pierre
au centre du village
une ombre dombelle sur le bord du chemin
de cerf-volant tiré par un gamin
Je choisis lombre
Une ombre pleine et bonne
qui te prodigue la fraîcheur
aux midis secs
écrasés de poussière
Chapelets de moutons
à flanc de colline
les cactées jouent les miroirs
et renvoient de cuisants reflets
Tête blanche dans le ciel
le vautour fauve
laisse porter laile paresseuse
et hume
une odeur de charogne
***
Fragile palpitant
léquilibre sur le tranchant du jour
un nuage de vanneaux papillonne
vers Verlaine
aube soir crépuscule
acrobate indécis
cordon ombilical
des grues qui cherchent
la terre où faire naître
Croââ ! la corneille dédaigne
le dortoir
le lièvre sensommeille
et la brume
forte de rosée
efface les ailes dhier
pour les élytres daujourdhui
Plaines, chevaux, éoliennes
Pensées migratrices dans le vent
lâchées comme des voiles
hors des mâts
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