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Wu Guanzhong, Banian, rouleau portatif,
encre et couleur sur papier, 1992
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Propos sur la peinture du moine
citrouille-amère
Le Paysage exprime la forme et
lélan de lUnivers. Laltier et le lumineux sont la mesure du Ciel, létendu et le profond sont la mesure de la Terre. Le Ciel enlace le Paysage au moyen des vents et des
nuages; Si lon ne se réfère pas à cette mesure fondamentale du Ciel et de la Terre, on ne pourra rendre compte de toutes les métamorphoses imprévisibles du Paysage, car vents et nuages nenlacent pas tous les divers paysages de la même manière, rivières et rochers naniment pas tous les paysages suivant une seule recette de pinceau. Quant à limmensité du Paysage: avec ses terres étendues sur mille lieues, ses nuages qui senroulent sur dix mille lieues, ses successions de cimes, ses alignements de falaises, même un Immortel qui, dans son vol, nen voudrait prendre quun aperçu superficiel, nen pourrait faire le tour. Mais si lon se sert de lUnique Trait de Pinceau comme mesure, alors il devient cependant possible de participer aux métamorphoses de lUnivers, de sonder les formes des monts et des fleuves, de mesurer limmensité lointaine de la terre, de jauger la disposition des cimes, de déchiffrer les secrets sombres des nuages et des brumes. Soit que lon campe droit, face à une étendue de mille lieues, ou que lon jette un coup dil de biais dans lenfilade de mille cimes, il faut toujours revenir à cette mesure fondamentale du Ciel et de la Terre. Cest en fonction de cette mesure du Ciel que lâme
du paysage peut varier; cest en fonction de cette mesure de la Terre
que peut sexprimer le souffle organique du paysage. Je détiens
lUnique Trait de Pinceau, et cest pourquoi je puis embrasser
la forme et lesprit du paysage. Il y a cinquante ans, il ny
avait pas encore eu co-naissance de mon Moi avec les Monts et les Fleuves,
non pas quils eussent été valeurs négligeables,
mais je les laissais seulement exister par eux-mêmes. Mais maintenant
les Monts et les Fleuves me chargent de parler pour eux; ils sont nés
en moi, et moi en eux. Jai cherché sans trêve des cimes
extraordinaires, jen ai fait des croquis, monts et fleuves se sont
rencontrés avec mon esprit, et leur empreinte sy est métamorphosée,
en sorte que finalement ils se ramènent à moi, Dadi.
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