Le chemin de l'alpe

extrait du manuscrit Le Grillon de l'automne, 2003

Lionel Seppoloni

   


Ma préférence va aux plaisirs montagnards,
aux grandes randonnées sans fausses balustrades!
(Han-shan)


1.


Cinq heures. A la fenêtre de l’est, un rêve de hauteur est venu tambouriner du bout de ses doigts blancs, et m’a tiré du lit. Bleus profonds, trilles tremblants, vapeurs vertes, battements d’ailes dans l’air limpide - l’automne était loin, et les orages oubliés. Dans le ciel en bascule, un seul petit nuage pâle s’étirait et paressait entre deux pics. Les vaches du champ voisin dormaient en paix, serrées dans l’herbe humide. Tapi près d’elles connue un voleur, un jeune chat noir a jeté un regard soupçonneux vers la fenêtre ouverte, puis a détalé vers l’alpage. Vite habillé, j’ai enfourné dans mon sac un demi reblochon, une pomme, un litre d’eau, une miche de pain, une paire de jumelles, une carte, quelques ouvrages naturalistes; j’ai déposé au pied du merisier un bol de lait pour le chat - puis je me suis engagé à mon tour sur le chemin de l’alpe.

***

Au matin serein
grimpant seul sur le sentier
en quête de rien.

***

Sons et sang battaient au rythme de la marche. La sueur brouillait la vue et excitait les taons qui, obstinément, venaient vibrer aux tympans et cherchaient à piquer, mais qu’une chiquenaude envoyait rouler dans la mousse. Au détour du sentier, une fauvette solitaire se risquait parfois à lancer les prémisses d’un chant, ou bien c’étaient les strophes aigrelettes de l’accenteur, la mélodie imperceptible du roitelet, le grincement d’une branche... La forêt, peu à peu, s’éveillait.

Bientôt, les tintements des clarines et les meuglements des vaches ont résonné à travers bois. J’ai grimpé à grands pas jusqu’à la lisière, heureux d’entendre la mélodie des cloches et de sentir la fraîcheur du vent de l’alpe sur mon front - quand le concert a redoublé et s’est fait dissonant. Le cri roulé de la draine a donné l’alerte, et une troupe de grives s’est envolée avec un bruit de crécelle. Je me suis arrêté devant la clôture qui sépare la forêt des champs, perplexe.

Alignées le long de la lisière en position de défense, gardiennes hostiles de l’alpe, une dizaine de tarines barraient le passage. Les veaux s’étaient réfugiés derrière leurs mères et jetaient des regards exagérément inquiets. J’ai d’abord tenté d’apaiser les bêtes par quelques paroles flatteuses (et, de fait, nul ne peut rester insensible à la robe fauve et aux grands yeux sombres cerclés de noir de ces superbes vaches montagnardes); puis, bien décidé à passer, je me suis avancé sur le chemin. Aussitôt, les veaux ont détalé, les mugissements des mères se sont mués en rugissements tigresques, et l’une d’elles -une belliqueuse à la corne ébréchée - a chargé. Surpris par la sauvagerie de ces bêtes réputées placides, j’ai dû battre en retraite dans la forêt sous les huées du troupeau.

Pourquoi est-il si difficile à l’homme de gagner la bonté du lieu auquel il se sent lié? Par combien de détours faut-il passer pour n’être plus cet animal sans territoire, accueilli quelquefois, mais le plus souvent ballotté de signe en signe à la lisière d’un monde moqueur? Fort vexé, j’ai grimpé de nouveau dans le sous-bois humide où lianes et ronces enserrent le pas. J’ai marché au hasard des cris d’alarme et des railleries d’écureuils, égaré par les fragrances de champignons sans doute vénéneux, et ces fragments d’aurore qui zébraient à présent de toute part la forêt. Puis les arbres et les ronces se sont de nouveau écartés sur un vaste pan d’alpages jaunes bombardés de rochers blancs.

Plus de tarines. Le vent agitait faiblement les branches des épicéas, et une délicieuse odeur de champignon montait de la mousse épaisse: dans la lumière tamisée du passage, deux agarics boules-de-neige d’un beau blanc lisse et uni brillaient. J’ai respiré un moment leur parfum d’amande amère, palpé leur chair ferme dont la rondeur m’a apaisé, puis j’ai griffonné, en guise de salut ou de remerciement, ce haïku sur mon carnet:

À la lisière offerts
les beaux seins nus de la forêt:
agarics boules-de-neige!

 

2.


Flashes rouges, perles de sueur et de braise plein les yeux: en équilibre sur la ligne de crêtes, l’énorme boule rouge du soleil semblait sur le point de rouler jusqu’au fond de la combe. A main gauche, le calcaire blanc et le gazon brûlé des Aravis s’étaient teintés de sang. Comme un feu de savane, l’aube a parcouru l’échine de la montagne, est descendue jusqu’au sentier, puis une franche lumière d’été a baigné tout le paysage. Sifflement d’une marmotte. Cri d’un corbeau. Dansant le long des falaises, une nuée d’hirondelles filait à la poursuite des insectes dans la lumière du matin.

J’ai bifurqué vers le nord-est et me suis engagé sur la ligne claire du Chemin des Stalès - en fait, une piste à peu près carrossable qui relie les quelques fermes du plateau et, longeant sur près de six kilomètres le versant est des Aravis, paraît au marcheur sans limite. C’est à ce moment là que, vers l’est, château blanc sur fond de bleu très pâle, le Mont-Blanc a émergé.

Ô douves de brume
et remparts de neige!
La montagne émerge
mirage ou
château très-réel -
aux douves de brume et remparts de neige!

Un corbeau traversait lentement le bleu, et c’était tout le paysage qui n’en finissait plus de s’agrandir. Autour du dôme principal, des douves, des glaciers, des lacs, des vallées, des remparts, des forêts nouvelles apparaissaient, révélant à perte de vue le chaos bien structuré de la géographie alpine. Étourdi de vent et d’espace, j’ai marché à l’envers, contemplant la montagne qui, à chacun de mes pas, grandissait et brillait, grandissait et brillait, grandissait pour briller encore davantage...

***

A main gauche, le sentier de la «Vierge des Alpages» (c’est ainsi que le désignait un panneau) quittait le chemin principal pour grimper jusqu’à un belvédère en serpentant à travers l’herbe sèche, les cirses roses, les chardons bleus, les gentianes jaunes déjà fanées et les derniers asters de l’été. Protégée par un gros rocher, amas de pierres parmi les pierres, une ferme se tapissait là dans un repli du terrain. J’avais soif de lait frais, aussi me suis-je approché dans l’espoir d’en obtenir un peu. Trois ou quatre chèvres juchées sur le toit m’ont regardé venir d’un œil mort. Une femme était assise sur le pas de la porte, un gros chien gris couché à ses pieds. Comme je m’apprêtais à franchir le dernier lacet, le chien s’est mis à aboyer furieusement, un mouton a bêlé, les poules de la maison se sont enfuies et la femme a disparu. J’ai surpris un instant son visage qui, caché derrière un rideau, guettait ma progression - puis le rideau s’est refermé. J’ai poursuivi ma route sans m’attarder davantage.

La Vierge des Alpages, elle, ne s’est pas enfuie à mon approche. Son visage de calcaire lisse et calme, poli par les vents, est resté incliné vers l’enfant et le chevreau qu’elle porte, et le chien sculpté à ses pieds n’a pas bronché. A ses pieds, il n’y avait d’ailleurs pas qu’un chien de pierre - mais tout un troupeau de moutons blancs et bruns, qui ont d’abord pris la fuite en bêlant. Je les ai rejoints plus haut et, comme ils s’apprêtaient à détaler de nouveau, j’ai commencé à bêler comme eux: «bêêêêêh, bêêêêêh, bêh, bêh, bêh!» Surpris, ils se sont arrêtés, m’ont répondu, et l’un d’eux s’est finalement approché. Nous avons bêlé ensemble un moment (je remercie la Vierge et son agneau d’avoir veillé à ce qu’aucun berger ne soit venu à passer par là...) puis je me suis couché dans le gazon du belvédère pour manger pomme et fromage, regarder alentour, bâiller aux moutons, griffonner quelques notes, bâiller encore...

Midi. L’herbe était sèche, les moutons raclaient la craie de leurs dents. Frottant frénétiquement leurs élytres, les sauterelles stridulaient à perte de champ. Bien loin en contrebas sur le Chemin des Stalès, un paysan conduisait son troupeau en criant, et cette voix humaine aurait surpris, sans doute, si elle n’avait imité à la perfection le meuglement des bêtes! Longues antennes fragiles, oviscapte en sabre acéré, une sauterelle Polysarcus denticauda a profité de mon immobilité pour se hisser péniblement sur le carnet - ouvert à tous les hasards, ergo même au Polysarcus denticauda, dont l’imposante visite m’a interdit d’écrire une ligne de plus...

Le temps a passé, beaucoup de mon temps oisif se passait ainsi dans les stridences et le silence des alpages.

Silence, stridences, silence encore.

Dos au soleil et tête à l’ombre, posés comme des pierres dans la chaleur, les moutons, à présent, dormaient. De fins nuages translucides défilaient le long du Mont-Blanc.
Dos à la terre, face au ciel, je m’abandonnais à mon rêve -

Dos à la terre,
face au ciel,
rêvant -

***

Dômes et pierres
moutons, nuages
et champignons de neige
dans le crâne se confondent

et je reste là
confondu -

***

Conme un rêve
dans le ciel limpide
un nuage se forme
forme ronde et blanche
forme errante de femme

qui aussitôt se déforme
et se dissout

comme un rêve
dans le ciel limpide -

***

A chaque coup d’ailes
l’aigle devient un peu plus
couleur de nuage.

 

3.


Un aigle cerclait dans le ciel zébré de zigzagants nuages. Tout en marchant, j’avais suivi longtemps des yeux la silhouette sombre aux mains tendues qui semait l’effroi chez les marmottes. Mais depuis quelque temps, ce n’était plus la course de l’aigle qui retenait mon regard.

Après quelques heures d’une flânerie nonchalante ponctuée d’observations de chardonnerets bariolés et de ternes pipits, j’arrivais au bout du Chemin des Stalès, qui semblait s’achever en cul-de-sac au pied d’un rempart d’éboulis couleur cendre. Devant moi, la Dent de la Miaz et, plus loin, la pointe nue de l’Embrevetta venaient clore l’ouvert de l’alpe. À main droite, l’aigle rasait les crêtes roussies du Croise-Baulet, petite montagne ronde qui culminait (la carte que je tenais en main me l’apprenait) à quelque deux mille trente-six mètres d’altitude. Mais ce qui, maintenant, retenait mon regard, c’était... autre chose, c’était - un motif, une forme, un signé monumental inscrit au flanc sud de la montagne, et qui brillait au soleil.

Mon œil pouvait bien suivre l’ombre de l’aigle, s’attarder sur la carte, divaguer de roche en roche, planer sans effort jusqu’aux plus hauts promontoires: une force étrange bien vite l’entraînait le long de la pente recouverte de gazon sec, le faisait glisser entre les arbres nains puis, inéluctablement, le précipitait à flanc de falaise dans les méandres scintillants de ce signe qui, comme le centre du piège-entonnoir creusé par la larve du fourmilion ou comme la signature de l’artiste sur sa toile, marquait d’évidence le point d’aboutissement de toute la savante construction du paysage.

C’était comme une vague de pierre, une calligraphie arabe gravée de droite à gauche en larges rainures jaunes dans la roche grise: d’abord, le trait tremblé d’un premier pli droit, puis deux plis rapides bien marqués, et enfin un troisième plus ample qui, repartant en sens inverse, se prolongeait avec art dans le demi-cercle d’un ultime pli couché. Comme dans l’eau d’un lac, les ondes se répétaient sur tout le flanc de la montagne - mais aussi, à bien y regarder, dans les arabesques invisibles de l’aigle, dans les courbes des nuages, dans ce chemin blanc que j’avais suivi pour venir, dans toutes les lignes autour de moi tracées.

La calligraphie était belle, d’une indéchiffrable sensualité. Je la contemplais, satisfait, et ne cherchant nullement à charger de signification ce que, faute de mieux, je nomme à présent «signe»: ce n’était là que pur déploiement d’énergie anonyme, simple affleurement de présence minérale venu par hasard incarner, aux yeux du passant que j’étais, la possible rencontre des mondes...

Un léger coup de vent a fait plier les herbes. L’heure tournait, mais il n’était plus question de retour. Insouciant comme le vent, et d’une humeur de cabri, j’ai quitté le Chemin des Stalès et, cap vers le col, je suis reparti en valsant au milieu des grandes gentianes.


Rien à faire
et rien d’autre à dire: il y a
une possible bonté du monde
des points de rencontre
parfois
quand, au détour de L’errance
la course de L’oiseau
la courbe des nuages
et le pas du marcheur
coïncident
dans une même danse -

Rien à faire
mais tout à revivre
quand, ailleurs, plus tard
il n’est plus d’autre choix que
repartir
sur les chemins de la mémoire
pour, mot à mot
dégager
les hautes lignes du passé
et rouvrir la voie -

Rien à dire alors
et si peu à faire
il n’était il n’est qu’à
regarder et sentir
sentir et regarder
danser de nouveau
sur le chemin de l'alpe.


4.


«Dans L’air flotte un parfum extraordinaire»
(Wang Chang ling)

Odeur de réglisse, de résine et de miel, odeur de pain d’épice, de fin tabac, de feu et d’enfance, odeur un peu forte, poivrée, soufrée, obsédante, presque désagréable: mais quelle était cette odeur?

Je l’avais souvent rencontrée. Presque à chaque escapade alpestre, c’était bien elle qui me suivait, ou que je suivais, sans savoir quelle fleur, quel fruit, quel arbuste ou quel arbre parfumait ainsi l’air et me plongeait dans une sorte d’extase, comparable à celle dont le chat se trouve parfois saisi devant un plan de menthe, une figue ou une olive noire.

Les guides naturalistes, dont j’aimais bourrer mes poches et mon sac, sont de précieux auxiliaires pour le marcheur, en ceci qu’ils l’aident à demeurer attentif à ce qui n’est pas lui: insectes, oiseaux, pierres ou plantes. Mais c’était en vain que, juché sur une souche, je feuilletais mes guides de la flore alpine, qui mentionnent rarement les odeurs des objets qu’ils s’appliquent à décrire. (Je me prends d’ailleurs à rêver depuis d’un guide naturaliste des odeurs: les fiches descriptives d’un tel ouvrage demanderaient à coup sûr des prouesses de finesse langagière, d’imagination, de suggestion et de précision surpassant encore celles de Monsieur Géroudet, dont certaines descriptions littéraires de chants d’oiseaux égalent pourtant tous les enregistrements.)

Pour l’heure, aucun nom ne répondait à cette confuse tentative de définition: odeur de réglisse, de résine et de miel, odeur de pain d’épice, de fin tabac, de feu et d’enfance, odeur un peu forte, soufrée, poivrée, obsédante, presque désagréable -que je flairais en vain.

J’ai continué en direction du col à travers un petit bois d’arcosses encore clairsemés mais qui, peu à peu, gagnaient l’alpe abandonnée des troupeaux et des hommes qui l’avaient façonnée. Cette odeur ne venait pas de ces dévoreurs d’alpages (je m’en assurai en les reniflant scrupuleusement des racines jusqu’aux feuilles). Tout en montant, je cherchais les souvenirs, les sensations passées qui, peut-être, m’aideraient.

Quelque part, une lisière: cette frontière où le paysage soudain se dénude, lieu de joie, de lumière et de vent qui fait le souffle plus vif comme aux premiers frimas. J’y vois (il n’est qu’à baisser les paupières), perdus parmi les fougères tout près d’un bosquet de bouleaux, deux ou trois bolets rudes orangés dont la ferme rotondité et le galbe parfait m’enchantent. Fantasme mycologique! Mais ce n’est pas cela.

Plus haut, ailleurs, un autre pallier, un paysage plus escarpé et plus rude, l’approche d’un col. Des pentes raides, les rochers qui percent le gazon, les arbustes qui se raréfient et rapetissent encore. L’odeur est là, au détour du ruisseau, sur les hauteurs de l’alpe.

C’est bien cela.

Odeur de feu de joie et de fine fumée, parfum d’encens, parfum dansant, odeur de résine, de réglisse et de miel, parfum d’enfance. Odeur qui obsède et que l’on cherche, toutes narines ouvertes, aspirant l’air vif jusqu’à ne plus rien sentir, s’obstinant...

Voilà.

Les arcosses sont derrière moi. Ils ont laissé place à un parterre de bruyères roses et de buissons vert sombre tordus par le vent. Le Col du Niart, un demi-cercle bombé roussâtre flanqué à main droite du Croise-Baulet et à main gauche de la Miaz, s’ouvre sur un nouvel horizon d’où émerge, baignée encore de lumière, la cime grise de la Pointe Percée.

Je me baisse sur ces buissons familiers qui recouvrent les crêtes, casse une brindille, la porte à mes narines. Le doute est d’autant moins possible que le vent même est saturé par cette odeur, cette odeur de miel, de pain d’épice, de fumée et d’enfance: l’âcre odeur du Rhododendron ferrugineux.

J’ai marché jusqu’au point culminant du col, humant jusqu’au vertige le brin de rhododendron, l’air frais du soir parfumé par ces milliers de buissons de rhododendron sauvage.

Derrière moi, le chemin que j’avais suivi serpentait à perte de vue le long des Aravis, presque noirs maintenant. Devant moi, se découvrait l’autre versant du col, une steppe jaune parsemée de rochers et de moutons minuscules fuyant vers la vallée.

Toute la montagne vacillait au froid silence du soir tombant. Les plus hauts pies disparaissaient peu à peu, effacés par les nuages et les ombres.

Et c’est ainsi que le cœur à son tour vacille. C’est ainsi que l’on se trouve soudain au bout du jour, au bout de l’alpe, au bout de soi - au bord du monde. Prêt à rouler sur l’autre pente. Plénitude et vide envahissent le cœur au même instant. On tombe à genoux devant la beauté du monde, les barrières cèdent, le flux déborde et l’on pleure enfin, à chaudes larmes, dans le vent froid du soir tombant...

Les deux mains au sol dans les buissons de rhododendron, éperdu de reconnaissance, j’ai pleuré à chaudes larmes dans le vent froid du soir tombant.


5.


Huit bornes blanches sur un chemin de retour.

Le flux se retire -
ce n’est pas aujourd’hui
que tu franchiras le col.

***

Nuages à L’ouest
le Mont-Blanc à l’est
est devenu gris

***

Quelle ombre s’efface
dans Palpe redevenue
théâtre d’ombre?

***

Tombe la nuit
et la lune n’éclaire
ton chemin solitaire.

***

Plus obscure
dans l’obscur -
la forêt.

***

Plus silencieuse
dans le silence -
ta demeure.

***

La porte grince
le bout du chemin n’est plus
qu’à un pas.

***

Lune blanche dans l’herbe noire:
le bol de lait vide
laissé par le chat.

 

 
 
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