coureur de ruelles

Se rendre au portage
Notre-Dame-du-lac (Témiscouata)
Du 1 au 4 septembre 2006
Sous le pilotage de
Virginie Turcotte & Chloë Rolland

Présentation - Cartes du lieu - Fiche librairie

 
 
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Carnet de navigation n°4
 

Sommaire

Christian Paré : « Se rendre au Portage »
Rachel Bouvet : « Sur le chemin du portage »
Jean Morisset : « À propos du pays de Témiscouatie »
Chloë Rolland : « À bras le corps »
Suzanne Joos : « Cartographie collective »
Lucie Tanguay : « Salutations du Grand Madawaska »
Christian Paré : « Se rendre au Portage dans l’absence »
André Carpentier : « Lecture du Petit Témis »
Maïté Snauwaert : « Poème sérieux pour Chloë »
Éric Waddell : « Petit Témis, Grande randonnée »
Denise Brassard : « Ici, ailleurs : rêverie autour du Témiscouata »
André Carpentier : « Randonnée deux »
Julien Bourbeau : « Chemin du portage : en route vers la liberté »
Christian Paré : « Une randonnée matinale »
Maïté Snauwaert : « Poème-comptine pour tout le monde »
Roxanne Lajoie : « Journal d’un portage : une aventure culinaire »
Jean Morisset : « Le chant de Témiskouata »
André Carpentier : « Les lunes de Rock Belzile »
Xavier Martel : « Portageur »
Nicolas Lanouette : « Le temps d’un portage »

 
 
 
 
 

Se rendre au portage

À la fin de l’atelier nomade « Coureurs de ruelles » en août 2005, l’idée d’organiser un séjour au Témiscouata a été proposée par le géographe Dean Louder, qui voyait là un endroit unique pour poursuivre la déambulation, principalement en raison de la réputation historique de ce lieu de passage. Depuis les premiers temps du régime anglais, il y avait un accès terrestre à la région par la «Route du Portage du Témiscouata». Cette route fut abandonnée au milieu du XIXe siècle en raison de l’entretien difficile que celle-ci exigeait. Elle fut remplacée par une autre route moins accidentée qui deviendra au début des années 1970 la route Transcanadienne ou Route 185. Le dictionnaire définit le nom masculin «portage» comme «la partie d’un fleuve où l’on ne peut plus naviguer», là où il faut se résigner à porter les embarcations et poursuivre la route à pied. Le Portage n’est pas un endroit précis, il ne désigne pas une ville ou un village. En fait, le Portage représente aujourd’hui une vaste région non reconnue officiellement sur le plan touristique qui se situerait entre Notre-Dame-du-Portage et Edmundston, avec en son centre le lac Témiscouata. C’est d’ailleurs cette imprécision géographique et toponymique qui nous a le plus interpellés lors de la préparation de cet atelier. L’objectif de l’atelier nomade est d’aller là-bas, au Portage, à la rencontre de cette région que l’on traverse trop souvent sans s’y arrêter. Le thème, Se rendre au Portage, suggère justement cette idée de déplacement, comme d’une route à suivre. La photographie choisie pour illustrer le programme de l’atelier est celle du traversier qui relie les deux rives du lac Témiscouata. Cette image propose un contraste frappant entre les corridors étroits et bétonnés de la ville et la vue étendue offerte par la route du traversier. Dans un tel contexte, l’idée de se rendre, de prendre le temps de traverser au Portage, devient ainsi plus importante que l’arrivée en tant que telle, car les coureurs de ruelles doivent maintenant se laisser transporter et jouer le jeu de retrouver la route du Portage afin de la reconfigurer, que ce soit par des coups de pédale, des éléments naturels ou des mots.

Christian Paré

Témiscouata, lac. Ce lac d’une superficie de 66 km2, qui s’étend sur une longueur de 40 km, est la plus importante nappe d’eau du paysage appalachien du Bas-Saint-Laurent. Jadis, lieu de passage entre le Saint-Laurent et l’Acadie, le lac Témiscouata constitue l’une des portes d’entrée du Nouveau-Brunswick, depuis la baie de Fundy, en remontant le fleuve Saint-Jean, puis la rivière Madawaska pour atteindre cette vaste étendue d’eau. Dès 1683, le toponyme Cecemiscouata est signalé dans l’acte de concession de la Seigneurie de Madawaska à Charles de La Chesnaye et, en 1746, on rencontre la forme graphique Témiscouata?. Dans une étude sur la toponymie du comté de Témiscouata réalisée en 1977, figurent plus de 25 variantes graphiques notamment Oumiskousta (1683), Temisquata (1746) et Tamaquata (1812). Le mot amérindien timi, transformé en témi se retrouve dans les langues micmaque, montagnaise et crie et se traduit par profond. L’autre élément du toponyme goateg, ou esgateg, devenu scouata signifie lac, d’où la traduction retenue : lac profond.
Extraits du dossier toponymique préparé par Dean Louder

Carnet sur commande auprès de l'Atelier québécois de géopoétique