La Traversée - Atelier québécois de géopoétique a été créé en 2004, dans la foulée du colloque «Nomades, voyageurs, explorateurs, déambulateurs : les modalités du parcours dans la littérature» (Montréal, 4 et 5 décembre 2003) et de la journée d’étude «Géopoétiques : art et mémoire de la terre» (Chicoutimi, 8 décembre 2003).

Affilié à l’Institut de géopoétique, fondé par Kenneth White en 1989, il est également rattaché à Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire de l’Université du Québec à Montréal, ce qui lui assure une base universitaire stable, mais il est orienté vers l’extérieur, tourné vers le dehors en quelque sorte, autrement dit ouvert à toute personne intéressée par la géopoétique. Il reprend le projet initial de Portage (le premier groupement géopoétique au Québec) tout en se déployant en fonction de ses trois îlots: Montréal, Québec et Sherbrooke.

Les membres de l’Atelier ont une prédilection pour les voyages, le nomadisme et l’errance; pour les paysages (nordiques, océaniques, désertiques, montagneux, urbains); pour la mémoire orale et la mémoire tellurienne (permettant d’aller chercher une géographie perdue); pour le rapport lieu-écriture et les interventions artistiques dans l’environnement. L'atelier québécois de géopoétique organise différents types d'activités: des ateliers nomades, des rencontres «Au retour au voyageur / du flâneur / du grimpeur», des soirées d'étude ou de poésie, des conférences, des séminaires, des expositions. Ses principales publications sont des Carnets de navigation en plus des publications des membres.

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Géopoétique...
La tentative d’ouvrir un nouvel espace culturel
en revenant à ce qui constitue la base même de toute culture,
à savoir le rapport entre l’être humain et la Terre,
ce rapport étant conçu à la fois sur les plans sensible, intellectuel et expressif. Kenneth White, Bretagne 2004

La Traversée — Atelier québécois de géopoétique s’inscrit dans un champ de recherche-création inédit en Amérique. Il n’y a d’équivalents que dans quelques centres européens où des chercheurs-créateurs, affiliés à l’Institut international de géopoétique, tentent d’ouvrir un nouvel espace culturel propice à la création et à la réflexion. La géopoétique «occupe un champ de convergence potentiel surgi de la science, de la philosophie et de la poésie» (K. White, Le Plateau de l’Albatros, 1994, p. 27). Elle vise à «ouvrir un nouvel espace culturel en revenant à ce qui constitue la base de toute culture, à savoir le rapport entre l’être humain et la Terre, ce rapport étant conçu à la fois sur les plans sensible, intellectuel et expressif». (K. White, Bulletin d’information de l’Institut international de géopoétique, printemps 2005, p. 2).

La géopoétique constitue un champ de recherche et de création orienté vers l'exploration du rapport sensible et intelligent à la terre, à l'espace qui environne l'humain; elle tente de faire converger des observations, des réflexions, des intuitions issues de la science, de la philosophie, de la poésie, des arts. Cette approche vise à questionner l'appréhension de l'espace à partir de différents points de vue et de méthodes diversifiées: par le biais de lectures et des recherches traditionnelles, bien sûr, mais aussi grâce aux interactions avec le paysage, grâce aux différentes pratiques créatrices qui en découlent.

L'interdisciplinarité est inhérente à la géopoétique, il importe donc d'organiser des lieux de réflexion regroupant géographes, urbanistes, littéraires, poètes, sculpteurs, peintres, etc. Pour les membres de La Traversée, l’approche géopoétique implique de parcourir un territoire donné, qui devient le lieu d’un Atelier nomade; de favoriser des créations individuelles et collectives, ainsi qu’une réflexion connexe; de recueillir des œuvres qui rendent compte de l’expérience de l’Atelier nomade et de les diffuser. Ces rapports aux divers territoires se traduisent par le voyage (compris comme pratique d’espaces qui nous sont extérieurs), la déambulation (pratique flâneuse de territoires familiers), l’ascension (pratique de la montagne) et l’excursion (pratique de paysages spécifiques: fleuve, forêt, lacs, îles...).

À ces pratiques correspondent des formes littéraires par lesquelles les auteurs prennent à tâche de témoigner du rapport de l’être humain à l’espace. Ajoutons que dans l’esprit géopoétique, où la création repose sur la réflexion et sur le partage, la diffusion se constitue en mode de création, d'où la nécessité de combiner la création et la réflexion à des moyens novateurs de production et de diffusion inspirés des nouvelles textualités et de l’hypermédialité, avec le concours des développeurs et programmeurs du NT2 : nouvelles technologies : nouvelles textualités.