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Passage de l'outarde en mai
Félix Leclerc


Retour des oies    
 

Passage de l'outarde en mai
qui file vers le nord
plus qu'une main de femme
fait frissonner mon corps
mes ailes fatiguées ne peuvent pas la suivre
sans île dans l'azur plus de raison de vivre.

Qu'ai-je fait, qu'ai-je dit
durant tous ces hivers
l'oreille sur ma porte
attendant une venue
la porte s'est ouverte dans un éclat de rire
et à l'oiseau en cage une île est apparue.

Depuis bien des matins
je t'apprends la marée
la semence du grain
et la fin des gelées.

Mais toi riant tout plein tu m'apprends que la joie
tu la portes en ton sein et que l'auteur c'est moi.

Passage de l'outarde revenant de bien loin
elle fuit la poudrerie avec tous ses poussins
dans mon jardin d'automne debout cabrant les reins
je lui montre ma vie au bout de mes deux poings.

 
 
   
Retour des oies