bandeau  

Quand les outardes passent…
Jean Désy


Retour des oies    
 

Si quelqu’un était avec moi quand les outardes passent au-dessus de mon toit, nous serions deux à jouir de leurs «nirliq», «nirliq», «nirliq» de bernaches qui n’arrivent jamais aussi vite qu’elles le voudraient dans la toundra où tout sent le thé. Outardes de mon gosier sauvage! Outardes de ma destinée! Je lève la tête et vous êtes là, soixante-quinze claironnantes, la fiente visible tant vous volez bas, le cou tendu vers ailleurs. Ah, mes amies, mes sœurs, mes sympathiques! Je vis pour vos froissements d’ailes, pour vos courages qui m’emplissent certains matins heureux quand j’ai le vertige de vous admirer. Pars! me criez-vous. Nomadise! Nomadise!

 
 
   
Retour des oies