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Le cri des oies sauvages
Laure Morali


Retour des oies    
 

Les outardes qui aboient me donnent envie de prendre le large dans leur meute, il en passe en ce moment, plus invisibles que des avions, la nuit, le son translucide des cris, je pars animale dans l'épaisseur mouillée, voyager, mais non pas voyager, tracer la route, le ciel, en lignes fluides, changer de saison, traverser les frontières en s'en fichant, crier comme rire, égoutter l'instinct, ô, faire partie d'une meute d'oies sauvages, délier de belles lettres, pas seulement des V, mais aussi des L, des virgules, des S, des presque O, boire le vent et écrire, afficher la pulsion du pôle, la rondeur de la terre, sans faire semblant qu'elle ne tourne pas autour du soleil, nous le crions tout haut, arrachant le ciel lisse avec élégance, avec netteté.

 
 
  Extrait du blogue de Laure Morali
Les Portes
Retour des oies